Hier,
la Marche se
trouvait à Huacho où elle était arrivée la veille venant de Huaura et ses
membres ont été reçus par le syndicat des enseignants de l'université qui leur
a offert le dîner et le logement. A Huacho, ils ont parcouru les rues jusqu'à
l'Hôtel de Ville où le maire les a reçus. La journée a été remplie de
manifestations culturelles.
Tandis que les
membres de la Mission
José Luis Martínez et Maribel Alvarez accompagnaient
constamment les marcheurs, à Lima, hier le 8e jour, les professeurs Arrojo et
Barkin ont été reçus par Claudia Coari, membre du Congrès, au nom de la Commission des Peuples
andins et de l'Environnement qui a
commencé à manifester sa sympathie et ses préoccupations pour la cause que
défend la Marche.
En tant que natif
de Puno, a-t-il dit, “j'ai compris la lutte des paysans cajamarcains pour leurs
rivièdes et leurs étangs, de même qu'il a lutté pour réassainir le lac Titicaca
où vit ma communauté”. A la demande du prof. Antojo sur sa disposition à
promouvoir le dialogue, tant auprès du Gouvernement qu'en particulier du
Congrès, Claudia Coari a manifester sa disposition à le promouvoir à partir de
la semaine prochaine, quand la
Marche sera arrivée. Par ailleurs, elle a indiqué que le
Règlement pour appliquer la Loi
de Consultation préalable va paraître très prochainement, dès ue se tiendra la
grande assemblée de représentants des communautés au début de la semaine
prochaine à Lima.
Un
grand nombre des milliers de représentants qui participent à cette grandiose
manifestation officielle viennent à Lima à la fin de cette semaine pour se
joindre à la Marche ... »,
a dit la membre du Congrès. Arrojo et Barkin ont exhorté madame Coari à celle
qu'elle oeuvre à appliquer la Loi
de Consultation Préalable en tant qu'espace de possibilités pour le dialogue
effectif sur l'affaire Conga. « Depuis la Mission, nous pensons
quele temps mis à ouvrie des espaces de dialogue ne sera pas du temps perdu
mais gagné parce que « c'est en parlant que les gens se comprennent »,
si les uns et les autres veulent parler et écouter ». « Nous
constatons », a dit Arrojo, que les dirigeants de la Marche veulent entamer un
dialogue effectif. » Barkin, pour sa part, a transmis à la congressiste la
reconnaissance par les dirigeants de la Marche du bon comportement, jusqu'alors, des
forces de police, en même temps que les Rondes paysannes garantissaient la
stricte non-violence de la mobilisation ». La réunion s'est conclue par
l'engagement de la congressiste de promouvoir, autant que possible, une
entrevue de la mission avec la première dame, madame Nadine Heredia.
Peu
après, une large représentation de l'Association Nationale des Centres de Recherche, de
Promotion Sociale et de Développement, l'ANC, présidée par Francisco Soberón
et Mª
Josefina Huamán, a reçu les représentants de la Mission à son siège. L'ANC
est une plateforme sociale influente qui réunit pratiquement toutes les ONGs du
Pérou. Le thème dominant de la réunion a été le caractère propositif patent de la Marche, que l'ANC
applaudit. De fait, la Marche
parvient à ouvrir le débat sur le modèle de dévelopement à promouvoir au Pérou.
Face à la vision d'un “pays minier”, les marcheurs, qui se refusent à accepter
“un Pérou frappé d'une date de péremption”, soulignent que ses territoires sont
riches en diversité et que l'agriculture, l'élevage, la pêche et le tourisme,
qui ont toujours fait vivre ses communautés, peuvent fonder les bases d'un
nouveau modèle de “qualité de vie”, pouvant compléter ses ressources par des
activités industrielles ou même minières mais pourvu qu'elles respectent
l'environnement et surtout les eaux.
L'après-midi
s'est tenue une entrevue avec les entreprises minières au siège de la société
Nationale des Mines, du Pétrole et de l'Energie. Arrojo et Barkin, accompagnés
de Mª Elena Foronda, ont été reçus par
une large représentation des grandes entreprises minières. Face à l'exigence
que ces sociétés présentent un diagnostic de la situation et des perspectives
d'avenir qu'elles envisagent, la réponse de la présidente, Eva Arias, a été convaincante :
...En réalité,
nous ne pensons pas qu'il y ait un conflit. Les passifs environnementaux sont
une chose du passé, aujourd'hui las entreprises purifient et réutilisent l'eau,
de sorte qu'elles consomment à peine 2% des eaux utilisées. Les eaux purifiées
sont reconduites aux cours d'eau... Nous pensons qu'il s'agit d'un problème de
“perception” qui a été envenimé...”. C'est comme au football...” est allé
jusqu'à dire M. Carlos Aranda, de Southern Copper, pour expliquer la situation,
en s'adressant au professeur Arrojo”... il n'est pas facile de convaincre
un supporter du Real Madrid de ce que
pense un autre du Barcelona”. Face aux questions d'Arrojo sur le manque de
transparence et de contrôle social des communautés, Eva Arias a maintenu que
les entreprises sont transparentes”...
nous avons distribué l'Evaluation d'impact environnemental à toutes les
personnes et les institutions qui nous l'ont demandée.
Quant aux
vérifications, elles sont toujours ouvertes au contrôle social...” a-t-elle
affirmé. Face à la requête de Barkin sur la vision que les entreprises se font
du Pérou, la réponse de Carlos Aranda et de la directrice Katherin Potesta
s'est fondée sur le fait indubitable que “le Pérou est un pays minier et que,
compte tenu de sa pauvreté, il a des chances de se développer grâce à l'énorme
afflux d'argent que les compagnies minières injectent dans l'Etat grâce à leurs
impôts... Malheureusement cet argent se perd ensuite aux différents échelons de
l'administration au lieu d'aller développer les infrastructures dont le pays a
besoin...” ont-ils conclu.
